Tout est possible…ou presque !

Tempus Fugit…et nous avons délaissé cet espace pour nous mettre en mode endives. Loin de nous l’envie de voyager. Pris dans la routine quotidienne, l’hiver nous a assoupi, et avec le printemps pointant son bout de nez, le désir de reprendre la route s’est mû en une volonté de repartir sur la route.
Dans 44 jours, nous serons sur nos selles, en attendant, voici quelques modestes mots sur notre dernière péripétie…

Préparer des œufs durs un voyage à vélo est quelque chose de facile et d’accessible pour/par tous.

Ainsi, il faut juste l’envie, et ça c’est bon chez nous.

Il faut juste le créneau sur son agenda, et c’est bon chez nous.
Et enfin, il faut juste LE circuit, et ça c’est moins bon chez nous puisque la liste de lieux à découvrir est aussi longue que neige au soleil.
Ainsi, il y a deux ans, l’idée a été de rallier Orléans à Bordeaux afin de voir si nous pouvions nous supporter sales, frigorifiés, humides, affamés, fatigués pendant plusieurs jours de suite sans que l’un de nous ne vienne planter son Opinel rouillés dans le  dos de l’autre pendant son sommeil.
Le test fut concluant puisque nous avons ensuite enchainé : Bordeaux à Toulouse ; Strasbourg à Strasbourg – aucune logique, ne cherchez pas plus.

Ce printemps, pour notre quatrième périple, nous avons été au plus aisé en poursuivant d’où nous nous étions arrêtés la dernière fois…ou PRESQUE.

Repartir de Toulouse semblait une évidence.

Elle : « Oui, mais vers où ? »
Lui : « Clermont Ferrand ? Lille ? Le Cap Nord ? »
Elle : « Oui pourquoi pas, mais en passant par Millau, hein !  ».
Lui, chiant obtus comme il peut l’être : « Oui, mais j’ai déjà fait Millau – Clermont à vélo… et vers Orange, non, ça ne te dirait pas, hein ? »
Elle, chiante et obtus comme elle peut l’être : « Orange, euh ben, non, non, non, et re-non,  et pis, JE VEUX VISITER Avignon et son pont. »
Lui : « Avignon ? Mais, j’ai déjà fait Avignon à vélo…et, mais, où, et, donc, or, ni, car (ah oui « composer »), bon allez…Vendu ! »

Vous comprendrez donc à ce stade de la lecture que le choix d’un itinéraire est toujours compliqué à deux, car on doit composer, chacun voulant voir un truc, faire un truc, passer par là, etc.

Alors depuis que nous roulons l’un avec l’autre, l’un derrière l’autre, l’un à coté de l’autre, nous composons et cela se passe très bien.

Les points A et B étant établis, le reste du choix du parcours fut aisé, et excitant à l’idée de passer par là, et par là.

Mis à part les questions logistiques du genre : « A-t-on suffisamment de temps pour ce trajet ? Y’ a t il des hôtes Warmshowers ? Je prends un ou deux slips ? » Tout a roulé.

PRESQUE…
Bah oui, comment rejoindre Toulouse et comment en revenir ?

Le train s’est imposé alors comme le meilleur moyen.

Normalement.
On insiste lourdement sur le NORMALEMENT, car avec « la SNCF tout est possible », NORMALEMENT.
Oui, mais ça c’était il y a longtemps, désormais, les possibilités sont limitées surtout avec des vélos.
Notre premier réflexe a été de regarder sur Internet or une fois en gare cela a été une autre histoire.

Une longue et ubuesque histoire.

Une histoire faite d’impossibilités que nos vélos nous ont imposé.
Le train, c’est tout juste bon si on reste le long de la Loire, un petit bout de temps et qu’une fois mort on est content de revenir à la maison.

Un TER ça va, deux TER bonjour les dégâts, un Intercités ou un TGV, c’est le casse-tête.
VRAIMENT.

Une fois en gare, sûrs de nous (on avait les dates, les lieux, les horaires, et de beaux sourires) on s’est dit que cela allait être rapide.
Naïve approche devant ce monstre qu’est la SNCF.
L’hôtesse d’accueil nous a taclé grave en commençant toujours poliment par un « mais y’a pas de problèmes » suivi par un « ah bah si en fait, ouh la la… »
« Celui-là … avec vos vélos… Ben, non ! Ah bah non, pas de wagons-vélos, Ah bah non, vous ne pouvez pas voyager en première classe car les vélos seront en seconde classe et ça NE SE FAIT PAS … »

Ridicule.
Bref, après moult échanges, nous irons donc  à Toulouse en seconde classe alors que nous aurions pu être en 1er, juste séparés de nos cycles.

Soyons déjà heureux de pouvoir partir, dans le sud et non pas dans l’Est car « plus aucun train à destination des gares de l’est de la France ne prend de vélo, sauf en boites de 20 cm sur 10cm de couleur jaune. » (dixit la dame).

PRESQUE.

Et là, nous sommes plutôt soulagés d’avoir fait notre Strasbourg – Strasbourg en août dernier !
Pour le retour maintenant.

C’est simple. Nous sommes sur un grand axe avec de beaux et rapides TGV.

Sauf que les beaux et rapides TGV ne prennent quasiment pas de vélos (même sur la galerie). Donc pas de train entre Avignon et Paris pour des cyclonomades comme nous souhaitant revenir avec leurs vélos.

On propose une autre gare, puis une autre, une autre encore.

Au bout d’un moment on se demande si on va finir par ne plus du tout faire le périple envisagé.
Et là, la dame nous arrête d’un geste impérieux :

«Ah ! J’en ai un qui part d’Orange pour Paris, en passant par Nice, Biarritz. Ça vous va ? »

Au fond de mon esprit revient le sketch si proche de la réalité du duo Chevalier et Laspales à propos de la SNCF.

Ubuesque.

Nous abattus : « Bon, ok pour le train à bestiaux de nuit entre Orange et Paris, en passant pas Perpignan. »

Avec la SNCF tout est possible sauf…si vous voyagez (à vélo) en train, car à partir de ce moment là, ça devient beaucoup plus compliqué.

 

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