"Onsen" ou l’expérience immanquable

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Dans certains onsen présents dans les montagnes, on peut également y trouver des singes. (source: Google)

(Non, je ne suis pas encore allée dans un onsen avec des singes.)

On pourrait traduire onsen, du japonais, par hot spring ou encore source chaude. Mais en fait, c’est plus que ça. Un onsen, c’est un onsen. C’est une atmosphère particulière, unique, bien propre au Japon.

Les onsen font partie intégrante de la culture japonaise. C’est comme le sauna dans les pays scandinaves ou la raclette en France (même quand je parle de sources chaudes j’arrive à établir un rapport avec la nourriture, oui, je sais). Au Japon, on trouve des onsen partout. Les Japonais y vont nus, la grande majorité des onsen font donc évidemment la séparation hommes/femmes dans la répartition des bassins. Ce sont deux côtés bien distincts.

Oui, j’ai bien dit nus. Je m’y suis collée aussi du coup, même si c’est pas vraiment dans mes plaisirs de base de me mettre à poil devant tout le monde. Mais bon. Je n’ai pas pour habitude non plus de ne pas faire quelque chose parce que je ne veux pas sortir de ma zone de confort (si on peut appeler ça comme ça ici, car après tout, il n’y a rien de plus naturel), bien au contraire. J’adore expérimenter des choses que je n’aurais sans doute jamais fait dans mon petit quotidien liégeois ou français. Ce qu’il y a d’épatant dans l’expérimentation, c’est qu’on ne le regrette jamais (non non, jamais).

Ça a encore été plus le cas lorsque j’ai testé pour la première fois un onsen. Il y en a deux, tout près de la résidence universitaire dans laquelle je vis actuellement, à Gumyoji. Je suis allée dans un des deux, j’ai payé dans une espèce de distributeur qui t’expose une trentaine de choix en fonction de ton budget (simple baignade dans les bains, massage, soins,… Ce genre de distributeur est très courant, même dans les restaurants). 650¥, soit environ 5,50€ pour profiter de tous les bassins et du sauna et pour une durée illimitée, je pense que ça rattrape les transports japonais hors de prix. J’ai donné mon ticket, puis je suis allée me déshabiller. Rapide, du coup.

Je laisse mes affaires dans mon casier, ma serviette également. Ici, on prend une douche avant d’entrer dans les bains, et après. Les tatouages sont interdits dans la plupart des onsen (du moins, ils ne doivent pas être visibles), j’ai donc pris la précaution de mettre un pansement pour cacher le mien, même s’il est petit et qu’on ne me dira sûrement rien. Sait-on jamais.

Le paradis. Je me retrouve dans une eau noire, qui est, il paraît, à base de thé. Je ne vois pas mes jambes et sens déjà ma peau qui s’adoucit. J’ai déjà presque oublié que j’étais complètement nue (même si j’ai eu plusieurs fois l’impression d’avoir perdu mon maillot de bain en sortant d’un bassin…). Dans ce onsen, il y a un espace intérieur avec 4-5 points d’eau et un genre de sauna, puis un espace extérieur, avec une jolie terrasse qui comporte de nouveau un bassin d’eau noire (divisé en trois parties, avec des profondeurs différentes) et deux espaces avec très peu d’eau, un où l’on est assis, l’autre allongé. Je me suis rarement sentie autant apaisée, même en allant dans des thermes en France ou en Belgique. Pour finir, je m’installe dans le bassin extérieur et en regardant vers le haut, j’ai en partie vue sur le ciel, plutôt dégagé ce soir-là. Je ne peux m’empêcher de penser à quel point j’ai de la chance d’être ici.

 

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