nordine 8…

Nous l'avons lu dans: (site Web original) ICI

Nuit sans sommeil passée en voiture, sous une lune qui éclairait un panorama qu’on aurait cru descendu de cette dernière tant il était à la fois terrifiant et sans aucune marque humaine : rien ! Que des formes pierreuses.

Au retour, non loin de Tamanrasset, alors que la route disparaissait de nouveau, laissant place à la piste, nous retrouvons notre palace allemand roulant immobilisé, ensablé, alors qu’un camion envoyé sur place pour le tirer de là, s’était lui-même embourbé. Sur scène donc, les chauffeurs, mécaniciens et petit personnel des deux véhicules, en sueur, maniant pelles et cordes pour essayer de sortir peu à peu les roues des ornières et, non loin, nos touristes qui, après avoir sorti du ventre de l’autocar chaises et tables pliantes, les avaient recouvertes de nappes blanches avant de dresser le couvert. Bientôt, ils allaient s’asseoir et déjeuner tranquillement en regardant les autres travailler.

Retour par le plateau du Tademaït. Et arrêt. Parce que la nuit est tombée et qu’il est dangereux de conduire dans l’obscurité sur ce plateau totalement plat de plusieurs centaines de km de longueur (et de largeur…). Je sors de la voiture le beurre placé dans une boite de thé vide et que j’ai réussi à trouver à Tam’ – alors qu’il est quasiment introuvable dans le Nord – pour qu’il durcisse. Et on discute, en attendant que la nuit passe. Soudain, au loin, très loin, les phares d’un véhicule et l’angoisse que, roulant vite et habitué à la piste à peine creusée, il ne nous voit que trop tard et nous fonce dedans. Alors, les yeux fixés sur les lumières j’attends, j’attends peut-être une heure que les phares se rapprochent pour allumer les miens et me déporter, très légèrement, sur la gauche pour être sûr qu’il aura la place pour passer. Et bien longtemps après, ce sera à plusieurs kilomètres sur la droite que nous croisera un énorme camion-citerne, habitué en effet de la piste et, j’en suis certain, à ses moindres aspérités.

Au petit matin, à l’Est, donc à notre droite, ce sont les premières lueurs bleutées de l’aube. Et soudain, majestueux, le soleil. Pour la première fois de ma vie, je constate la rotondité de la terre, non pas celle que je connais déjà, matérialisée par l’horizon qui barre le regard lorsqu’on regarde la mer, non, celle que je peux constater cette fois également sur les côtés puisque cet horizon est courbe alors que le soleil apparaît en son milieu, face à moi, très loin à l’extrémité du plateau. Avec lui qui monte, presque à vue d’œil, je sais que la chaleur (très agréable au début) va revenir, tout comme la franche lumière. On secoue quelques couvertures, on remet la voiture en ordre et je démarre, ayant oublié que je l’avais légèrement déplacée cette nuit. J’entends soudain un craquement : la boite de thé et son précieux contenu ont été écrasés par les roues. On file !

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Plateau du Tademaït, Algérie (photo : G.A.B.)

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