La Norvège : Un trou de verdure ou chante une rivière

Qu’il soit scintillant sous  le soleil des  nuits blanches estivales ou arborant fièrement les couleurs de ses aurores boréales, le paysage norvégien  c’est avant tout la promesse d’une rencontre inédite quelque soit la saison…

 En ce début Juin où les débats se font rudes quant à la prochaine destination, on se projette voyage, nouveautés, évasion. Et si, cet été, on piquait une tête dans le bleu insolite des pays scandinaves ? A l’abri des effluves du tourisme de masse, la Norvège, c’est la convergence encore trop peu connue de la fraîcheur des parcs nationaux, du charme coloré et pittoresque des ports,  dans une région ou la population treize fois inférieure à celle de la France, se laisse volontiers submerger par la richesse de sa faune et sa flore.

Abyssales et silencieuses, impossible de passer à coté des innombrables fjords de Norvège qui ont toujours été entourées d’une aura légendaire. Un point de fuite, perdu dans l’étendue des eaux immenses dans lesquels s’ouvrent ces géants blancs. Que leurs parois se déguisent sous le costume cristallin hivernal ou soient arpentées de forêts caduques et conifères, ces vallées glacières situées principalement sur la côte ouest du pays en sont, sans aucun doute, son effigie. Quelques minutes de voiture suffisent pour quitter le paysage urbain au profit du panorama ancestral et grandiose qu’offrent les parcs nationaux de Geirangerfjord et Nærøyfjord, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans ce paysage des plus splendides au monde, l’esprit humain concède le pas au règne animal, ou trônent fièrement aigles et phoques, tandis que nombre d’espèces de poissons et baleines arpentes les profondeurs.

A l’instar des paysages splendides, et quelque soit votre itinéraire, les grandes villes de Norvège vous feront elles aussi profiter d’un instant d’égarement. Antithèse complète de la métropole profane, vous serez séduit par la douceur de vivre de la grande Oslo, dans laquelle art, histoire et culture se mêlent aux objectifs ambitieux d’un développement urbain durable, consacré par le prix de la capitale verte européenne pour 2019. Du parc fleuri de Vigeland, où s’élèvent les deux cent-douze œuvres anthropologiques du sculpteur norvégien, au musée plein air des Arts et Traditions populaires proposant la reconstitution de la vie des anciennes communautés, c’est dans une harmonie brillante que la ville parvient à concilier son folklore et ses revendications écologiques largement avancées.  Tout près, la ville côtière de Bergen s’imposera nécessairement comme une nouvelle étape de votre voyage. Son quartier de Bryggen, médaillé de l’UNESCO, saura honorer vos papilles au travers de son marché de poissons et de produits locaux, dans une ambiance typique et intensifiée par le décor des façades en bois coloré des habitations attenantes.

Oubliez les journées trop chaudes et le soleil tapant, les seuls degrés excessifs auxquels vous devrez faire  face sont ceux de l’immanquable eau-de-vie norvégienne nommée «akevitt ». Fabriquée à partir de pommes de terre et parfumée au cumin, anis et coriandre, elle fera frétiller tous vos sens. A consommer de préférence avec les habitants locaux, dont la chaleur humaine sans failles ne saura que vous séduire. Les plus fervents polyglottes des bancs d’école européennes  non en effet qu’à bien se tenir, car c’est dans une parfaite élocution de la langue de Shakespeare et un sourire communicatif, que tous ses habitants, quelque soit la région, seront toujours près à vous tenir la conversation du ton le plus amical, que l’on lie volontiers aux résultats obtenus par le World Happiness Report 2017, consacrant la Norvège comme le pays le plus heureux du Monde.

Une énième reconnaissance doit être conférée à la Norvège, celle du développement durable et de la pratique de l’éco-tourisme. Encrée depuis toujours dans la philosophie de ses habitants, elle s’élève aujourd’hui à l’échelle du sport national, vous permettant de profiter d’un libre-accès à tous les parcs nationaux, tout en garantissant la protection de ses écosystèmes. Vos multiples promenades se traduiront ainsi par la rare assurance de profiter d’une nature dans son état le plus primitif, dans ce pays où 99% de la production énergétique est assurée par les centrales hydrauliques et dont une politique de tolérance zéro est appliquée au phénomène de déforestation, qu’elle se traduise au sein même des paysages du royaume ou par le refus de toutes marchandises participant au déboisement de la forêt tropicale. Randonneurs, adeptes de rencontres ou simples épicuriens, aucune ombre ne semble contrarier la conquête de notre voisin européen, dont le mode de vie soupçonné comme si proche, ne rendra la découverte que plus déroutante.

Article publié dans le journal Le Taurillon-en-Seine, le 8 Juin 2018.

Par Clémence Poligné

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