Fengyu à Dali Old Town!

Le lac Erhai a été un beau coup de coeur et la province du Yunnan n’avait visiblement pas fini de me surprendre!

Jour 51 (24 novembre) = Fengyu à Shuanglang (71,1km)
Altitude 1999m
Ascension totale 295m

J’ai eu une nuit de sommeil ok, les jambes sont bien lourdes ce matin. Je suis allée m’acheter de la nourriture au village, car la bouilloire ne fonctionnait pas dans ma chambre.

Mon début de journée a vraiment été pittoresque, j’ai roulé 7-8km en retournant sur mes pas à cause de mon erreur d’hier et la route était parfaite. Rendue à un village, je devais prendre à droite, mais c’était en construction, néanmoins les gens en scooter circulaient, alors j’ai pris la chance que ça débouche de l’autre côté malgré les travaux. La route était en gros gravier et c’était poussiéreux, mais ça roulait bien et j’ai pu atteindre sans difficulté la route principale G214. La circulation est devenue plus dense et j’ai franchi un autre village bloqué pour une raison inconnue! Probablement un camion mal stationné!

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Pour la première fois depuis trois semaines, la route avait peu de relief, mais elle était loin d’être plate à pédaler! Pour les 15 derniers kilomètres, j’ai longé le magnifique lac Erhai, le septième en importance en Chine. Vraiment difficile de trouver mieux avec l’eau d’un beau bleu et les montagnes qui surplombent. J’ai savouré le moment présent en prenant de nombreuses pauses pour des photos et simplement pour humer l’odeur si bonne et si fraîche.

J’avais décidé de m’arrêter à Shuanglang, une autre vieille ville! J’ai eu de la difficulté à trouver l’auberge, en fait j’ai pratiquement marché toutes les rues et j’étais sur le point d’abdiquer quand j’ai trouvé. Ça définitivement été le plus long check-in à vie. Je pense que la fille regrettait de ne pas avoir été plus attentive dans ses cours d’anglais à l’école!

Le temps de m’installer avant d’aller marcher à la recherche d’un bon endroit où manger un souper hâtif. J’ai mangé au marché un plein un bol de nouilles avec légumes vraiment épicés. Comme le soleil m’avait assommée, j’ai pris le reste de la soirée très relax à l’auberge.

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Jour 52 (25 novembre) = Shuanglang à Dali Old Town(52,2km)
Altitude 2081m
Ascension totale 155m

J’ai mal dormi en me réveillant aux trois heures. Une promenade matinale en bordure du lac m’a remise sur le piton, comme on dit, de même qu’un déjeuner typiquement chinois acheté sur la rue.

La distance entre Shuanglang et Dali Old Town n’étant pas trop grande, j’ai pris mon temps à l’auberge, paressant dans mon lit.

J’ai longé le lac de très près pour la première section de ma journée avant de m’éloigner un peu et de traverser un petit village. C’était une autre superbe journée côté météo avec gros soleil et une chaleur confortable pour rouler. Depuis quelques jours, ma démarcation lunettes/casque de vélo est vraiment à son apogée!

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J’ai roulé lentement sur la route s221, la motivation n’y était pas. Je pense qu’il y avait une école de conduite environ 10km avant Dali, car il y avait plein de voitures identifiées de la même manière et ils conduisaient lentement en klaxonnant fort en me dépassant et s’arrêtaient parfois sur l’accotement. Bref, ce n’était pas le segment le plus sécuritaire! Déjà que les conducteurs chinois sont erratiques, les apprentis sont encore pires!

Je suis arrivée en début d’après-midi à l’auberge de jeunesse Jade Emu qui était classée parmi les meilleures et elle avait bien raison de l’être. C’est un endroit vraiment cool, tranquille et bien situé à 5-7 minutes de marche de la vieille ville avec beaucoup d’espaces communs et tout ce qu’un voyageur peut avoir besoin.

Le concept de tourisme chinois semble basé sur la construction de moderne « Old Town ». En quelques jours, je pense que c’est la cinquième vieille ville que je visite. Malgré tout, je suis allée faire ma marche dans les rues piétonnières touristiques et j’ai préféré l’atmosphère de Dali à celle de Lijiang.

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De retour à l’auberge, j’ai profité des installations pour faire une brassée de lavage. C’était gratuit, mais les machines n’étaient pas les plus efficaces. Il y avait un cycliste d’Angleterre qui faisait son lavage en même temps et nous avons discuté un peu, il m’a confié être tanné de faire du vélo, mais il continue quand même vers le Laos.

J’ai profité du soleil le reste de l’après-midi et je suis retournée en ville pour souper dans un petit resto sur une rue passante avec des prix raisonnables. En attendant mon plat, j’ai pu observer les vendeurs sur la rue et les passants, une activité que j’apprécie toujours!

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Jour 53 (26 novembre) = Dali (16,6km)
Altitude 2081m
Ascension totale 84m

Je me sentais fatiguée depuis quelques jours, on dirait bien que l’altitude, combinée aux longues heures sur le vélo ont eu raison de moi. Mine de rien, ça fait déjà deux mois que je suis sur la route et que je bouge constamment.

J’ai donc décidé de prendre la journée très tranquille. D’abord, il me fallait régler mon billet de train pour Kunming. J’avais initialement planifié de rouler jusqu’à Kunming en quatre jours, mais on m’a suggéré de prendre le train et de m’attarder plus longuement ailleurs. J’ai écouté les conseils et me voilà en direction de la gare pour organiser le tout en prévision du voyage de demain. J’ai fait le trajet à vélo et, que c’était le fun de rouler sans bagages!

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Forte de mon expérience précédente à Shanghai, je connaissais la procédure à suivre. La gare de Dali, qui est en fait Xiaguan, est petite, alors je n’ai pas eu à chercher longtemps pour trouver le comptoir de livraison spéciale. Je n’avais demandé à personne de m’aider avec la traduction, alors j’ai foncé avec le peu de mandarin et quelques phrases écrites dans mon livre pour me faire comprendre. Heureusement, une des trois personnes au comptoir savait parler un tout petit peu anglais et ils ont rempli les papiers sans poser de questions. Je me suis assurée que le vélo allait bien au bon endroit et qu’il serait là à mon arrivée. Simple et efficace, si seulement c’était le cas à la grandeur du pays!

Je suis, par la suite, allée acheter mon billet de train, il y avait plusieurs comptoirs et presque personne. C’est assez intimidant de réserver son billet lorsqu’on doit crier derrière une vitre pour se faire comprendre, mais encore une fois j’ai eu de la chance, 
 la fille parlait anglais. Elle m’a proposé plusieurs options rapidement et j’en ai choisi une, ça n’a pas été ma meilleure décision, car c’était le plus long trajet, mais bon un dossier de réglé!

Comme j’avais abandonné mon moyen de transport préféré, j’ai pris l’autobus pour revenir à l’auberge. Ici, personne n’est pressé et le chauffeur s’est même arrêté faire le plein d’essence en plein milieu du trajet.

Toujours difficile d'abandonner le vélo...

Toujours difficile d’abandonner le vélo…

Je suis retournée dans la vieille ville pour diner comme je n’avais pas l’énergie pour m’aventurer dans la montagne derrière l’auberge. J’en ai profité pour faire une sieste et tenter de retrouver mon aplomb. Ça n’a pas eu l’effet escompté, car je me suis réveillée avec un début de mal de ventre.

Alors que j’étais en train de terminer de manger ma salade, j’ai reconnu le fort accent des Italiens que j’avais croisés à Tiger Leaping Gorge une semaine plus tôt! Ça m’a fait sourire, ils m’ont reconnue et étaient toujours aussi impressionnés!

Jour 54 (27 novembre) = Dali à Kunming (en train) (5,6km)

Je n’ai pas très bien dormi avec des gargouillements persistants et un retour de la diarrhée. Heureusement ce n’était que passager et en quittant l’auberge pour la gare en bus je me sentais déjà beaucoup mieux.

Comme il n'y a pas de prise électrique dans le train, il y a une station de recharge à la gare!

Comme il n’y a pas de prise électrique dans le train, il y a une station de recharge à la gare!

J’étais chanceuse, l’arrêt d’autobus n’était pas trop loin, donc je n’ai pas trop souffert en transportant mes valises. Par contre, rendue à la gare mon siège dans le train se trouvait dans le dernier wagon tout au fond, autant dire à l’autre bout du monde! Comme le trajet durait environ 7h, j’avais réservé un hard-seat, le siège était ok, mais l’espace était restreint avec les bagages et les autres voyageurs. Je n’ai personne à mes côtés sur la minuscule banquette, mais trois personnes en face de moi. Les trains en Chine sont toujours pile à l’heure! J’en ai profité pour écrire un peu et surtout essayer de dormir dans cette position peu confortable.

On ne réalise pas toujours comme on est chanceux d’avoir une loi non-fumeur dans les lieux publics au Québec depuis plusieurs années. En Chine, malgré les affichages non-fumeurs à plusieurs endroits, ce n’est pas ce qui empêche les gens d’allumer leurs cigarettes. Bref, j’étais assise proche de l’espace réservé aux fumeurs, pour ne pas dire assise au beau milieu. L’odeur était désagréable et la fumée me brûlait les yeux.

À l’heure du dîner, mes voisins ont mangé leurs soupes de nouilles instantanées et viandes ensachées, jamais, au grand jamais, je ne vais manger des pattes de poulet mises sous vide, ça avait l’air dégueulasse. J’ai dû endurer ‘’sapage’’ et ‘’reniflage’’ le temps qu’ils terminent de manger, les Chinois ne dégustent pas, ils engloutissent et c’est loin d’être beau à voir. Au moins, ils étaient assez propres en jetant leurs déchets à la poubelle. Lorsque je suis allée remplir ma soupe instantanée d’eau chaude, j’ai vu le désastre des graines de tournesol dans l’allée et le vacarme qui régnait à l’autre extrémité du wagon et finalement je n’étais pas si mal tombée.

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Chaque fois que je prends un bus ou un train, je me sens un peu coupable de ne pas rouler. Le temps file et je désire voir encore quelques endroits avant de devoir quitter la Chine avec l’arrivée à expiration de mon visa. Donc, le vélo est un peu mis à l’écart, mais il me reste encore plusieurs bonnes journées à rouler avant mon retour au pays.

J’étais bien contente d’arriver à Kunming, la capitale du Yunnan. La gare est grande et je dois marcher longtemps avant d’atteindre le comptoir pour récupérer mon vélo qui se trouvait à l’autre extrémité et à l’extérieur de l’enceinte de la gare. Personne ne parle anglais et je donne mon reçu, ça prend une éternité avant qu’ils me l’amènent. Le vélo est en bon état et je peux installer les sacoches et trouver mon chemin pour me rendre à l’auberge.

C’est l’heure de pointe! Ça fait près d’un mois que je n’ai pas roulé dans une grande ville. Il y a beaucoup, beaucoup, de monde sur les bandes cyclables, mais c’est tout de même fluide. Je suis contente de prendre l’air et rouler un peu pour me réveiller. Grâce au GPS, je n’ai aucune
difficulté à trouver le Upland Youth Hostel. Je choisi un lit dans un dortoir et on m’assigne une chambre au 5e étage, l’auberge est moderne et propre et c’est assez achalandé avec un mix d’étrangers et de chinois.

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Je dépose mes sacoches et je pars à la recherche d’une place pour manger. L’auberge est dans une petite rue tranquille, mais à environ 10 minutes de marche, il a plusieurs artères commerciales. Je remarque une pancarte avec plusieurs restos au 3e étage d’un centre d’achats et je décide de tenter ma chance. Je tombe sur un resto italien avec des prix intéressants, moi qui rêvais de manger italien! Je me commande une lasagne qui s’avère à être excellente, ça m’a remonté le moral.

L’odomètre affiche 3435,4km depuis Beijing.

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